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Cycle de séminaires ICPP

Mardi 5 novembre 2024 à 10h00 en salle immersive, Denisa Craciun, postdoctorante à l'UMR LISA, animera un séminaire intitulé "Patrizia Gattaceca è a voce di u populu corsu"

 

 

Résumé : 

Patrizia Gattaceca è a voce di u populu corsu

Compositrice, chanteuse, comédienne, poète, professeur de langue corse à l’Université Pasquale Paoli, Patrizia Gattaceca s’est engagée, depuis un très jeune âge, aux côtés de son professeur Ghjacumu Thiers et des autres écrivains et artistes, au mouvement de réviviscence linguistique, culturelle, identitaire de la Corse, nommé Riacquistu. Auteure d’albums musicaux, de livres de poèmes et de livres de chant, Patrizia s’adonne à une écriture où la musique ne fait qu’un avec la poésie, où la Corse, d’autrefois et d’aujourd’hui, est à portée de voix. « Nunda hè cambiatu qu?/duv’è a to manu ghjimba/hà spetratu a terra/è u to rispiru hà lacatu/u muscu di u t’abbracciu » (Tempi di rena, Albiana, 2010, p. 10). C’est la terra corsa, l’éternelle, qu’elle vénère. Cette « main courbe » qui a « dépierré la terre » pour la rendre fertile, renvoie aux premiers habitants de l’île. Porteuse de la Parole (douce dans l’écoulement de la voix vive et étincelante dans les rets de l’écriture), Patrizia écoute et se laisse envouter par un chant intérieur, profond, venu du fond des âges, de l’inconscient collectif de son peuple. Ce chant des ancêtres, elle l’accueil dans son corps, l’avive dans son esprit, et après, elle le transmet, elle nous l’offre, généreusement, tel un flambeau de lumière, de rêve, de sagesse. « Ghjacia a voce/in l’anticu cristallu/Strappò u silenziu/induv’è m’era persa/Fù quant’è a sente risunà u tempu/nantu à e duie sponde streme » (ib. p. 12). C’est une voix qui d’abord se découvre, qui s’écoute et s’affirme, et qu’ensuite un autre l’écoute résonner dans la limpidité de son âme, évoquée par le cristal. Intemporelle, la voix qui traverse âges et êtres, reflète le visible et l’invisible, l’humain et le sacré : « In fondu à un chjassu/duv’è zitella mi ne vò/hè viva a to voce/unica memoria/ed unicu amore » (id. p.14). Rien de plus émouvant que cet attachement et cet amour pour la terre qui l’a vue naître. « Hè scrittu tuttu qu?/in u lariciu longu/chì a so vetta intinghje/u verde ind’è l’azurru » (id. 33). Axis mundi de l’espace îlien, « u lariciu », cette variété de pin spécifique à la Corse, à la Sicile et à la Calabre, incarne le mystère qui relie le haut et le bas, la terre et le ciel. D’une longévité impressionnante, le pin, arbre consacré à Dionysos, symbolise l’immortalité, la pérennité de la mémoire des hommes et des lieux à travers le temps. Arbre-Roi des vallées et des sommets corses, le magnifique pin lariciu est lui-même un poème de la nature, et Patrizia fait de lui un symbole de l’Esprit corse, qui a su affronter dignement les affres du temps, préserver sa beauté, sa jovialité, son souffle de liberté

ANDREA MATTEI | Mise à jour le 11/07/2024
Rendez-vous

Mardi 05 novembre 2024 à 10h00